La Kouchner mania d’Abtan en clash par Matjules

Crédit : Matjules

Les années passent et le ton des affabulations envers le french doctor reste le même, à quelques arrangements près d’avec la Mitterrandie. Comment sortir du off, transgresser les huis clos de pouvoirs comme la scénographie de repentir selon au fur et à mesure des colloques et rencontres plus ou moins accessibles ? Le rythme du silence perdure au gré des tribunes. Ce qui fut le cas à l’occasion du débat de l’Egam et Wrong Men suite à la projection du film Inkotanyi de Christophe Cotteret au Centre Wallonie-Bruxelles de Paris le 18 décembre 2017, sauf à prendre la voix de nouveau et ainsi tenter de porter la contradiction en frontal, face à une orchestration toujours verticale bien sur.

Madeleine Mukamabano démarre l’échange avec l’éloge du documentaire (à 2’40 https://soundcloud.com/matjules/la-kouchner-mania-dabtan-en-clash-par-matjules-a-5546), alors qu’il est critiquable : tourné vers le FPR, le sujet assumé, éludant surtout le relief politique à avoir vis à vis des participations française dans le génocide des Tutsi (avec des redites sur ce que l’on connait déjà de fin juin 1994), également concernant le FDLR dans la proche région, survolant finalement ces aspects pour une synthèse relativement agréable pour les pouvoirs en place.

Le public invité notamment via la newsletter de l’Egam avec un contrôle à l’entrée de l’identité tombe direct pour grande part dans le procédé des applaudissements ! On est au spectacle. Grrr…

On élude la doctrine sociale au Rwanda, qui est capitaliste (l’ambassade américaine ayant d’ailleurs bonne place sur les hauts de Kigali), l’exploitation d’un personnel de maison corvéable à merci (par exemple dans des familles que j’ai pu voir fin 2014 sur Kigali et Kibuye notamment).

Evidemment dans le film la parole est donnée à Eric Nzabihimana à Bisesero. Cf. http://www.bisesero.net/pages/reponses-aux-critiques/serge-farnel-repond-a-morel.html

Les intervenants parlent de négationnisme mais ils évitent d’en venir aux militaires « blancs » des 13 et 14 mai 1994 qui tiraient sur des basesero.

Un Patrick de Saint-Exupéry sirupeux à rappeler le temps long de l’historiographie (à 1’03’46), tout en clashant en une phrase les universitaires du domaine (à 15’55), nullement encore passés en postcolonialisme. Il me semble avoir abordé cela et être intervenu lors de débats à la suite de conférences et colloques à ce sujet notamment à l’occasion des commémorations pour les victimes et familles des 20 ans du génocide des Tutsi entre 2014 et 2015. A-t-il de même eu cette véhémence face à Jean-Pierre Chrétien par exemple, ne serait-ce que dans ses écrits ?! Ou réserve-t-il cela à un grand tout désincarné sans trop de relais circonstanciés pour en faire écho ?!

Guillaume Ancel dans le public (également en entretien dans le film) à écouter à partir de 47’25 (ceci malgré une maladresse sarcastique concernant les belges sauf à jouer l’ironie totale), voisin de François Graner ici plus discret.

A 20’45 Benjamin Abtan en apologie de Kouchner (& Sarko’). A 35’20 il indique et on le savait qu’il a « travaillé dans le cabinet de Taubira et cabinet Kouchner« . A 36’40 il critique Mitterrand (enfin!). A 54’55 il précise des subventions du ministère des affaires etrangères versées auparavant à l’Egam, les regrettant visiblement.

A 55’46 [Matjules] Oui bonsoir, je voulais savoir comment vous avez obtenu certaines interviews, certains entretiens, si vous avez présenté votre film au pouvoir rwandais, s’il y a des réactions ? Et puis autre aspect concernant ce que j’ai entendu tout à l’heure de Kouchner, je n’étais pas « trop » d’accord. Je sais qu’il était présent avec un corridor humanitaire sous l’autorisation de Bagosora durant (je crois) le génocide. Ca me semble assez aberrant. Je n’imagine pas la même chose sous Hitler [entendu comme : avec l’aval d’Hitler – alors certes on dira que le rapport entre Bagosora et Kouchner n’est pas le même qu’entre je ne sais qui et Hitler], un corridor humanitaire ! Voilà je suis assez scotché de cette forme de (comment dire…) publicité humanitaire qui a pu être faite à ce moment là.

J’ai ainsi pu redire ici comme lors du Colloque de l’Egam au Sénat le 19 octobre 2015 cet aspect au combien ubuesque et choquant. Cf. https://soundcloud.com/matjules/debat-lors-du-colloque-de-legam-au-senat-le-19-octobre-2015

A 57’55 la réponse de Christophe Cotteret (à écouter dans l’audio).
A 1’01’07 Abtan me répond : « Moi je vais dire quelques mots par rapport à Kouchner, la « publicité humanitaire ». En l’occurrence il n’avait pas fait de publicité… A partir du Biafra, il n’y aurait pas de responsabilité protégée. Et il n’y aurait pas d’interventions humanitaires et d’actions humanitaires. Donc un moment la publicité et l’agitation des médias ça fait en sorte de pouvoir protéger des vies et de sauver des vies. En l’occurrence là au Rwanda. Alors qu’est-ce qu’il fallait faire ? Qu’est-ce qu’il fallait faire ? Soit c’est possible d’avoir une intervention armée, ce qu’a fait là récemment en 2014 le PKK par rapport à Daesh pour faire en sorte d’ouvrir un corridor et d’exfiltrer les yézidis qui étaient entrain de se faire massacrer [l’équivalence en comparaison que pose ici Abtan est : avec l’accord du numéro 1 des forces de Daesh ?! Sinon cela n’a rien en commun du deal aberrant entre Kouchner et Bagosora, et justement cela n’en a pas – le PKK reprenant des bastions via les combats]. Mais quand vous n’êtes pas un groupe armé, comment est-ce que vous pouvez faire en sorte de sauver des gens ? Et bah forcément à un moment ou un autre il y a forcément une rencontre, une négociation. Je ne sais pas exactement quelle négociation il y a eu ou quoi par rapport à ça. Mais en tout cas dans cette situation là, quand on est pas un groupe armé en état, il y a forcément une rencontre avec ceux qui détiennent le pouvoir, et qui sont donc par définition ceux qui sont entrain de commettre ces atrocités. Donc c’est pas très puant. C’est pas très beau, mais ça permet de sauver des vies. Et s’il y a une meilleure solution dans ce cas là moi je serais très heureux de pouvoir l’entendre. Mais malheureusement je n’en vois pas d’autres. » [Il fait son bon samaritain].
A 1’02’22 [Matjules] Au Biafra il y avait des armes avec la Croix rouge par exemple, dans « les » avion »s ».
A 1’02’26 Abtan : « Je connais moins j’avoue. Mais pour le Rwanda… »
A 1’02’28 [Matjules] Non mais c’est la référence que vous citez. Effectivemment ce n’était pas non plus très clean.
A 1’02’35 Abtan : « Je ne vois pas ce que vous voulez dire… »
A 1’02’38 [Matjules] Enfin c’est connu. C’est connu.
A 1’02’39 la réponse de Christophe Cotteret : « Ca été filmé, l’entretien entre Bagosora et Kouchner a été filmé. Et c’est intéressant de voir… Non pas… toute la conversation n’a pas été filmée, mais de voir aussi la tension. Je crois qu’effectivement tu rappelles la nécessité de le faire à ce moment là c’est mieux que rien. Je crois qu’on est un peu dans cette idée là. »
A 1’03 Abtan : « C’est pas seulement que c’est mieux que rien. Mais c’est que dans ce cas là comme dans tous les cas de prévention de crimes de masses ou d’arrêt ou d’atténuation des effets il y a forcément une obligation pour certaines personnes d’être en relation avec ceux qui détiennent le pouvoir, ou sinon d’avoir confrontation militaire et guerre. Mais il n’y a pas tous les acteurs qui sont en capacité de pouvoir mener la guerre. Il faut avoir une armée, faut avoir un groupe armé. Sinon il y a forcément des personnes qui décident de vouloir bien se salir en partie, être en relation avec ceux qui sont entrain de commettre des atrocités pour faire en sorte qu’elles soient moins grandes ou qu’il y ait moins de personnes qui soient tuées. »
A 1’04 [Matjules] (rire jaune).
St Exupery en grand sage (lol) prend soin de terminer sur le temps long de la connaissance et histoire (comme déjà indiqué). On botte en touche, rendez-vous dans 10 ans. Zzz…

Kouchner nous a-t-il sorti en 1994 un ouvrage désavouant la doctrine de stigmatisation d’ennemi intérieur extérieur de l’Ecole de guerre de Paris, vendue à des Etats majors dans le monde entier, de l’Indochine, en passant par l’Algérie, l’Amérique du sud et le Rwanda ? Non ! Il dira peut-être qu’il n’en avait pas idée ? A-t-il désavoué Mitterrand, dénoncé l’armée française, critiqué publiquement Juppé, Balladur, Leotard à ce moment là ? S’est-il étouffé d’en dire un mot en circonstance ? Avec qui et pour qui a-t-il travaillé ou été nommé par la suite ? Aucunement avec la famille mitterrandienne, les éléphants de ce système, cette descendance ? Qui a parlé ? Le duo Sarkozy/Kouchner a-t-il déclassé les documents de cette période lorsqu’il a quelque peu décrispé les rapports avec Kagamé ? Non ! Kouchner était-il muselé pour s’exprimer si ce n’est par sa carrière politique ? Ou un acteur de ce qu’il se passe, manoeuvrant en pouvoir sur le lit des souffrances absolues ?


En annexe : https://www.facebook.com/groups/MvtDeboutMatjules/permalink/1969489959930423/

https://collectifinnovationsilluminationspolitiques.wordpress.com/2015/03/20/introduction-au-negationnisme-contre-les-rescapes-de-bisesero-1ere-partie/

https://collectifinnovationsilluminationspolitiques.wordpress.com/2016/06/06/clash-de-legam-a-we-love-green-2016/

https://collectifinnovationsilluminationspolitiques.wordpress.com/2015/10/13/kouchner-a-la-manoeuvre-concernant-le-genocide-des-tutsi-egam/

https://collectifinnovationsilluminationspolitiques.wordpress.com/2014/12/05/ciip-vs-egamkouchner-rwanda20ans/

https://collectifinnovationsilluminationspolitiques.wordpress.com/2015/11/13/en-aparte-avec-guillaume-ancel-13mai94/

https://collectifinnovationsilluminationspolitiques.wordpress.com/2015/04/08/quattend-survie-pour-transmettre-les-temoignages-des-basesero/

https://collectifinnovationsilluminationspolitiques.wordpress.com/2014/11/20/actualite-recente-du-ciip-de-fin-2014-a-2015/

https://collectifinnovationsilluminationspolitiques.wordpress.com/2014/07/21/la-france-des-bleus-vs-rwanda1994/

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A propos Collectif des Innovations/illuminations Politiques

Notre projet : convier nos semblables et leur proposer une série d’happenings d’ampleur, plutôt subversifs, selon leurs besoins. Ceci dans l’esprit du collectif Voina, comme de Krzysztof Wodiczko, Banksy, ou encore GRL Graffiti. Sans être du mapping commercial, ou une énième promo’ de réalisations personnelles, de prime abord (aspects trop mis en avant par le système). Ainsi essayer de redonner sa place à ce qu’il se fait de mieux en matière politique et artistique, avec les effets escomptés sur les pouvoirs en place.
Cet article a été publié dans Abtan, Bagosora, Blancs, Centre Wallonie-Bruxelles, Christophe Cotteret, Colloque de l'Egam au Sénat, Corridor, Corridor humanitaire, Croix rouge, entretien, Eric Nzabihimana, FPR, French doctor, Histoire, Historiographie, Hitler, Huis clos, Humanitaire, Inkotanyi, Jean-Pierre Chrétien, Madeleine Mukamabano, Militaires, Negationnisme, Parole, PKK, Publicité humanitaire, Repentir, Subventions, Taubira, Transgression, Université, Wrong Men. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

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