En aparté avec Guillaume Ancel #13mai94

Ancel
Suite au Colloque de l’Egam au Sénat le 19 octobre 2015, le lieutenant-colonel Guillaume Ancel désormais dans le civil m’a répondu en aparté, magnanime, sur son sentiment concernant la grande attaque du 13 mai 1994. J’ai pris en notes rapides devant lui, et mémorisé attentivement. Pour rappel succinct, après être notamment intervenu au Rwanda à partir du 23 juin 1994 comme FAC d’une compagnie de combat du 2°REI lors de l’Opération Turquoise, il est surtout connu pour avoir livré en 2014 au public comme à la presse, des éclaircissements opérationnels concernant son détachement, à propos des complicités françaises sur cette période de fin de génocide des Tutsi : soutien et appui des FAR comme du GIR, livraison d’armes, etc…

Matjules : Que pensez-vous en tant qu’expert militaire globalement, de l’aspect des soldats « blancs » des 13 et 14 mai 1994 à Bisesero que j’ai évoqué tout à l’heure ?

Guillaume Ancel : Je ne maîtrise pas cette période, contrairement aux événements liés à l’Opération Turquoise de fin juin 1994, comme vous savez. Ce qui se fait généralement, c’est la présence de conseillers militaires français, sans uniforme. Lorsque la France intervient, il y a ainsi toujours des éléments de préparation, précurseurs (donc avant Turquoise, une période ou la France ne s’impliquait pas publiquement). Qui n’ont pas pris part aux combats. Officiellement, il n’y a pas de présence, on le sait.

Matjules : Je pensais qu’il y avait besoin de l’autorisation de la France pour être sur place, armé. [Michel Sitbon de LNR m’en avait parlé, avec affirmation].

G.Ancel : Il est possible que des mercenaires sont passés par le Burundi. Assez facile. [tel ces electrons libres soufflés vers moi par un Jean-François Dupaquier toujours narquois vis à vis de l’enquête de Serge Farnel – comme déjà indiqué dans mon Introduction au négationnisme contre les rescapés de Bisesero – là en juin 2014, suite au Colloque de la Licra sur le Rwanda à la Cité universitaire de Paris]

Matjules : J’ai montré des photos de Paul Barril à des victimes, sans systématiser cette tentative hasardeuse, ni obtenir de reconnaissance (car difficile et hypothétique).

G.Ancel : Barril a pu déléguer à des équipes.

Matjules : Je pense depuis longtemps, et je ne suis pas le seul, que Barril est un fusible de la France.

G.Ancel : Un épouvantail. Il est facilement manipulable. Par ailleurs, s’il y avait eu des militaires français, on l’aurait su. C’est peu probable. Les choses apparaissent, se disent. Les militaires ne supportant plus le silence en ce contexte.

Matjules : Justement, dans ce cas, c’est tabou.

G.Ancel : [silence] Et puis, ils ne peuvent tuer de leur fait des civils innocents (ces derniers sans défenses ni armes). Les militaires sont responsables, même quand une hiérarchie le demande.

Matjules : A Bisesero, il y avait une résistance, qui faisait enrager les Interahamwe. Dans cette situation, la participation aux tueries aurait pu être facilitée notamment par un contexte raciste au sein de l’armée française (de l’ordre de l’hypothèse). […vis à vis de la supposition de la présence de mercenaires, ou fusible pratique, un aspect tenu encore relativement confidentiel. Il y a bien des viols suspectés et constatés en Centrafrique, ou au Burkina Faso]

G.Ancel : Il y a un encadrement par des officiers. Les mercenaires sont plus probables, payés par les FAR. Et je n’ai jamais eu d’informations venant de militaires concernant le 13 mai 1994. La négation, ça ne rentre pas dans leur vision. Dans ce type de cas, il y a besoin de croiser les éléments. J’ai mis 4 ans à savoir pour la victime jetée d’un hélicoptère. La preuve est venue d’une chose entendue par inadvertance.

De fait, de avril 94 à Turquoise, il y avait certainement des éléments de renseignements de la DGSE (déguisés lors de conflits en infirmiers de MSF…). Et puis quand ce sont des militaires français, la France envoie des guadeloupéens, des antillais, et camouflés, plutôt que des « blancs ».

Guillaume Ancel s’est éclipsé cela dit, quand j’ai indiqué que dans le contexte des complicités françaises connues désormais, dans la formation, la logistique, etc, à tout les niveaux donc (plus les stratégies de stigmatisation d’ennemis intérieurs extérieurs de l’Ecole de guerre de Paris), on peut imaginer que Mitterrand faisait la guerre avec les FAR contre les Tutsi et le FPR. Il n’a pas la réponse visiblement, gardant ici pour lui son intime conviction.

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Notre projet : convier nos semblables et leur proposer une série d’happenings d’ampleur, plutôt subversifs, selon leurs besoins. Ceci dans l’esprit du collectif Voina, comme de Krzysztof Wodiczko, Banksy, ou encore GRL Graffiti. Sans être du mapping commercial, ou une énième promo’ de réalisations personnelles, de prime abord (aspects trop mis en avant par le système). Ainsi essayer de redonner sa place à ce qu’il se fait de mieux en matière politique et artistique, avec les effets escomptés sur les pouvoirs en place.
Cet article a été publié dans 13 mai 1994, 1994, 2015, Armée, Bisesero, Blanc, Collectif Innov'/Illu' politiques, Colloque, Complicités, Françafrique, France, Génocide, Guillaume Ancel, Jean-François Dupaquier, Matjules, Michel Sitbon, Militaire, Militaires "blancs", Paris, Participations, Rwanda, Sénat, Tueries, Tutsi. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

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