#4 Enième boulot d’usine

(suite à 40 taf en prolo’)

4e jours de taf, de 8h à 17h30. S’enchaînent les jours, peut-être le dernier. Je suis déconnecté : assez désorienté dans le temps et psychologiquement. Des douleurs aux lombaires. Nervosité. Fatigue.

On m’envoie au niveau en dessous, où la viande n’est pas cuite. Ca sent affreusement mauvais. J’ai l’impression d’être dans une morgue. Je me retrouve à devoir déplacer des rolls remplis de barbaque congelée, et vider les sacs de ces parpaings de côtelettes dans de grandes bassines jaunes. Ces carcasses auraient tout autant pu être en putréfaction. Visqueuse décongélation de ces masses inertes, morceaux de chair agglomérés, briques de volaille, comme des rubik’s cube délavés et morbides. Le liquide infect éclabousse la tenue et protections, parfois le visage, malgré le port du masque (rudimentaire, & rien pour les yeux). Ca fait mal au dos. Je demande à ne pas faire ceux du bas. On me renvoie à l’étage au dessus. Tapis roulant de steaks glacés cette fois, je dois enlever tout ce qui n’a pas une forme correcte. Le boulot est moins dur, même si ça gèle au bout d’un moment, et c’est surtout lobotomisant, écoeurant. De quoi dégoûter de manger de la viande une fois de plus. Je pense y passer la matinée mais ça se complique. Un type me sort à 10h que je peux rentrer chez moi ! Qu’il n’y a pas de travail pour moi ! Je proteste, et insiste 3-4 fois. C’est dingue de devoir se battre pour un boulot répugnant ! Il fini par appeler une autre personne. On arrive à me trouver du travail : retour pour deux heures au niveau en dessous, à me taper les odeurs pestilentielles, la barbaque à vider des rolls. Je suis un peu isolé avec moi même, c’est tant mieux. Un iranien est compréhensif. Une fois midi je peux aller en packaging. Quoique on me met avant avec deux femmes, à trier des nuggets, 10 par boites sur tapis roulant, avec un ballet pour les renverser. C’est minutieux, pas fait pour moi. Heureusement ma pause arrive. 30 minutes. Toujours compliqué de savoir combien de temps j’ai. Entre le vieil italien, la seule personne avec qui j’ai pu parler vite fait dans sa langue au sujet de la révolution et des luttes sociales. Il m’avait vu trimer comme un con le premier jour. Je lui explique ma mésaventure à 10h ce matin. Ca m’est utile. Il m’emmène ensuite faire le boulot qui me « va le mieux » : remplir des caisses de paquets de nuggets. Je suis au bout de la chaîne précédente. Ca tombe souvent en panne, donc c’est pas trop rapide. Et le poids n’est pas si lourd, à soulever ces cagettes une fois remplies de 30 sachets chacune. L’italien est derrière mois, sur sa ligne. On s’aide quand ça tombe en panne. Il fait certes froid, mais j’ai depuis la dernière après midi obtenu une veste (certes à la fermeture éclaire merdique et pétée).

Un des responsables en packaging blanc de peau a gueulé soudain contre un employé à la peau noire, alors qu’il venait de se taper la machine qui tombait tout le temps en panne.

Je capte sur un écran qu’il y a une ligne qui fait beaucoup plus de tonnes que les autres : 23000 contre 3000 ou 10000 pour les autres. L’italien m’explique qu’elle est automatisée. Bientôt ils n’auront plus de boulot, comme avec Amazon. Le travail est condamné à terme. Pas plus mal, mais les gens seront à la rue, vu comment tourne le monde !

Apres le boulot j’ai encore l’odeur horrible de la barbaque dans le nez.

En pause tout à l’heure, le mot utilisé par un employé : « Auschwitz » pour décrire le travail. L’albanais passera la chanson « Let’s twist again » sur son portable, pour oublier la pesanteur omniprésente. Le timing a tourné, c’était déjà le moment d’y retourner.

Fin de première semaine pour semaine suivante. Les ressources humaines avec le sous traitant sont incapables de me répondre correctement pour que je puisse bosser la semaine suivante. Du coup je perds le travail pour la deuxième semaine ! Je le déteste ce labeur infernal, comme beaucoup d’autres, mais j’ai besoin de ce minimum d’argent pour vivre. Et la Rh te colle sur n’importe quels postes, que tu sois fait plutôt pour un autre en fonction de ton physique, ils te sortent que ce n’est pas de leur « responsabilité » ! Que l’on te fasse faire le plus dangereux pour le dos, ou le plus répugnant, ils n’y peuvent rien !

J’ai donc du redemander x fois d’y bosser, sans l’assurance d’être mis où je peux. Pas de quoi vivre. Dans l’attente. 😞 Tout comme du insister pour avoir ma paie qui tarde encore à tomber intégralement. On t’indique telle date. Tu te retrouves à compter les jours après, et devoir relancer. Même en intérim, ça arrive plus vite ! On te confirme comme toujours que la Rh et le sous traitant sont saoulés, ce qui compromet peut-être les possibilités d’y travailler à nouveau. L’amende chero’ de 75 euros sur la route pour avoir roulé à 62 kms/h et pas 50, en allant me taper l’entretien d’embauche très sommaire n’est pas plus remboursé que l’essence et l’amortissement financier du véhicule certes ici prêté (forme de dette ou dépendance implicite cela dit) ni les désagréments pour qui n’a pas pu l’utiliser en attendant.

De surcroît je me vois obligé de prendre sur mes nuits pour en faire le compte rendu, témoigner. Et ce deuxième travail, « journalistique », qui se rajoute n’est pas rémunéré.

Le pire ensuite c’est de s’entendre dire que « parce que l’on a fait des études, on n’a pas à faire ce travail [contrairement à moi] » !

J’ai fait des études. Ou comment laisser les taches ingrates aux personnes précarisées, en ségrégation sociale, à perdre leur vie. Quelle solidarité !

« Que si on prend un travail, faut pas le critiquer. » !

Juste pas le choix, en survie ! Le milieu journalistique est sinistré. La com’ pour les puissants prend tout ! Et la censure ! Cette « positive attitude » de Lorie à Raffarin. Pff… Les boulots que je me tape à rallonge, je ne les donnerais même pas à un singe à faire ! Mais « chut », faut remercier ?!

« Que c’est parce qu’on a mal travaillé qu’on se tape 40 boulots en prolo’ » !

Ou comment oublier qu’y être c’est être exploité. Et que j’ai passé ma vie à lutter face aux dogmes de l’argent roi, à combattre la Françafrique, en activiste, etc… Faire don de soi jours et nuits pour contrer comme on peut les pilotages, accaparements de luttes, les récupérations, entre autres.

Combien de gens, et pas forcément les plus éloignés sont là pour blâmer ou ignorer, ou encore arrivent après la bataille, quand des structures (dispositifs de pouvoir) ont repris cette parole venue des ténèbres, alors qu’ils snobent et méprisent les mêmes contenus, état d’esprit, vérités en amont. Leur solidarité est inexistante (ou quasi) à ces sujets. Ils bloquent, limitent, évacuent la contestation pour louer les attributs auto valorisant de la réussite professionnelle, du carriérisme forcené, et donc du règne des verticalités normalisées partout.

Pour celles et ceux qui se posent encore la question de qu’est-ce que l’usine, il suffit de regarder en images l’indémodable Les Temps modernes de Chaplin https://youtu.be/gWsU67J-qUc Même si la position divertissante du spectateur ne met aucunement en condition d’exploitation. L’industrie cinématographique n’est pas un remède, plutôt du même ordre capitaliste.

Matjules

https://www.facebook.com/groups/MvtDeboutMatjules/permalink/2777552365790841/

« Merci pour ces témoignages très forts et dire qu’on entend régulièrement qu’il n’y a plus d’ouvriers ! Je t’ai lu avec énormément d’intérêt, continue s’il te plaît, c’est important. Je compatis néanmoins sincèrement et je pense à ce dos qui morfle ! Je te souhaite un peu de douceur pour ce qu’on appelle la trêve des confiseurs ! Bonne fin d’année, damné de la terre ! » NC (Non Communiqué, de mon choix)

« Bonjour, seriez vous d’accord pour que je partage vos publications sur vos boulots d’usine sur mon media ?
Ce sont des témoignages forts.
Joyeux noël
» NC

« Merci pour ton texte. » NC

« Merci pour ces témoignages, il n’y a pas assez de littérature prolétaire, c’est trop rare. » ->

« Il faudrait en faire un ouvrage, pas besoin d’être gros […]. Je me souviens d’avoir lu il y a quelques étés plusieurs ouvrages de littérature prolétaire, on peut pas dire que l’édition française pousse à ça, c’est plutôt moi je me regarde et je m’admire surtout avec la pandémie tout ce narcissisme bourgeois qui dégouline. Vos descriptions sans pathos ni chichis, c’est ça la littérature prolétarienne! » FV

« A lire et partager. Une réalité trop souvent enfouie sous des discours abstraits et paternalistes: le travail. » ->

« … merci pour ces « chroniques » » FV

« Bonjour
Superbe! […]
Si tu me donnes ton ok, je fais circuler.
Bien à toi
» FV

Cf. https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Françoise_Vergès Wikipedia se critique par ailleurs comme les Universités et titres

« Merci pour tes écrits , ils ne sont pas vains , ils résonnent, pour le reste la roue tourne , il y a eu et il y aura des périodes plus fastes
Respect à toi!
». NC

« Tu vois, poursuis et pourquoi pas éditer un petit bouquin, nous avons besoin de cette littérature là, aussi, trop rare. Merci encore ! » NC

« Tiens bon, moi je suis accro à tes écrits et je te soutiendrai vaille que vaille ! » NC

« Bravo pour ces récits. C’est vraiment intéressant, même si en même temps fort triste. » NC

« 🥶témoignage vivant! A te lire j’étais avec toi sur le tapis! ✊ » NC

« Je comprends, bon courage à vous, ces conditions de travail sont scandaleuses. […] » NC

« Terrible ce que tu écris. Continue ! » NC

« Bravo pour ce reportage ! » NC

« Merci beaucoup pour tes temoignages que je trouve bouleversants 🙏 Courage, de tout coeur avec toi 🤝 Profite de ton repos. » NC

« Moi aussi. Faut rien lâcher, MatJules. Dans tous les sens du terme. » NC

« 👍 merci 💖 et ça donne envie de ne plus jamais manger de cordon bleu. » NC

« 🤮🤬🥵🙏🏼 de grâce posez votre démission c’est ignoble vous mangez encore de la viande ? » NC

« Eh bé ?! Dingue tout ce que tu racontes. On a hâte d’en savoir plus. Très instructif. » NC

« Témoignage a envoyer a L 214 ! » NC

« Top témoignage sur l’horreur en tapis final de chaîne d’abattoir » NC

« :-S
oh là là, courage, mon vieux
courage pour trouver moins aliénant, moins douloureux 
» NC

« On pourrait peut être publier un ou deux de tes témoignages? » NC

« …bonne chance, tes textes sont touchants. » NC

« Bon courage ! 🙏❤☀️ » NC

« Difficile de faire de la littérature avec une vie de merde ; mais vous semblez y arriver… Quand je travaillais comme vous très dur, j’avais plutôt envie de cogner le patron ; et lorsque j’écrivais c’était pour le balancer à l’inspection du travail… Chapeau ! Vous êtes arrivé à ce que je n’ai plus envie d’acheter des « nuggets » au supermarché… » NC

« En effet vraiment bouleversant. Dangereux pour la santé aussi. Impasse… […] J’espère que ca aille mieux pour toi » NC

« Tu as bien écrit » NC

« … touchant. comme texte. […] papier fort bien écrit … […] T’es doué pour l’écriture » NC

« Si tu peux, à l occasion, fais un break ! » NC

« …plus envie de manger du jambon » NC

« C’est une amie (française) qui j’ai perdu de vue depuis qq années … je peux lui envoyer tes enquêtes si tu veux » NC


Post-scriptum :

Renvoyer ce que je fais à la « littérature » c’est une nouvelle fois enfermer sous des critères bourgeois toute la rage, toute la colère que l’on peut avoir par rapport à un boulot d’usine, en btp, ou n’importe quel travail d’exploitation, en tant que subordonné, larbin, domestique. Ce qui fait que la machine des cyniques en supériorité, titres, fonctions, éducation, formations et qualifications tourne.

Si je vais sur un plateau tv littéraire, et si j’ai quelque chose à dire, c’est que ce genre d’émission, au bout d’une heure passe déjà à un autre sujet. Et vu qu’il y a des milliers de programmes diffusés en même temps sur la planète, sur des sujets de distraction, ma parole sera de toute façon fortuite, inutile. Et l’organisation structurelle interne des canaux de diffusion comme les dépendances vis à vis de l’économie sont comme partout le problème.

Se gargariser de la littérature d’un propos prolétaire c’est l’étouffer. Le premier propos à entendre c’est qu’il faut tout de suite aller cramer, détruire ces goulags modernes du capitalisme. Ces lieux de souffrance, et ces mécanismes à tous les niveaux d’aliénation, de domination via la monnaie qui est un instrument fatal vis à vis de l’humain, ainsi sa place en subordination, les asservissements de masse qui en découlent. On est pris par quelque chose de totalement vicieux, de malsain, jusque dans les familles, jusqu’au coeur des couples, même dans les relations avec ses propres enfants.

Le seul message à retenir ce n’est pas de devoir faire des pages et des pages de beaux mots, de belles phrases, ni de savoir retranscrire une réalité. Le simple mot d’un collègue en usine qui dit « c’est Auschwitz », ce simple mot suffirait. Il ne devrait pas y avoir besoin de s’épuiser à l’écriture qui est juste un support. Je m’en moque que ce soient des phrases, des images, de la peinture. N’importe quel support, ce n’est pas cela l’enjeu ! Le support on s’en fout. Il y a mille façons d’exprimer les choses. Ce qui compte c’est le coeur du propos.

Pour en revenir à la parole, il n’y a effectivement pas besoin de dire que c’est de la littérature. C’est quoi ces conneries bourgeoises : ce plaisir d’être à la plage et de lire une réalité, de dire « ah mais ça c’est vrai » contrairement à des écritures futiles. Ce désir bourgeois de capter le réel sans y être. Mais non ! Le simple fait juste de caractériser ou essentialiser avec des mots des gens qui se retrouvent prolétaires ! On est pas « prolétaire ». On se retrouve contraint à être dans cette réalité là. Mais la nature de l’homme elle n’est pas prolétaire. C’est un enfermement. On est pas prolétaire !

Ce n’est pas de la littérature, même au mieux gonzo. Faut juste retenir, et que se déploie (c’est quasiment impossible) la conscience chez les êtres humains qu’il faut détruire ces goulags modernes, ces usines. Et tout le processus du travail il faut le déconstruire. Il est déjà déconstruit intellectuellement par des gens. Mais malheureusement ce sont notamment des universitaires qui occupent le terrain. Et ils sont en domination par rapport à des personnes qui sont à l’usine justement. Pas vis à vis des patrons évidemment. Pas les n+2, les n+3, les n+1, mais les n+0, les « n 0 » malmenés, exclusivement. Là oui il y a une domination du monde « intellectuel ». Ce que l’on appelle « intellectuels ».

Y’a pas les « intellectuels » non plus. Tout le monde a une intelligence. Le collègue quand il me dit « Auschwitz » c’est hyper intelligent, car l’acceptation de la conscience simple de ce qui cloche, le plus grave. Le boulot nous formate à y consentir. Se lever, réagir c’est dire stop ! Oui ce n’est pas égal à Auschwitz. Mais la compréhension que c’est une violence extrême, de subir cela, c’est fondamental de le comprendre. Ce moment où il dit « Auschwitz » c’est déterminant. On peut dire « goulag » pour mettre tout le monde d’accord. On s’en fout que ce soit une violence de tel ou tel régime.

Tous les régimes actuels du capitalisme globalisé imposent cette monstruosité au coeur des échanges. Le fric est sacralisé, à partir du moment où il y a les monnaies, de base. Les gens n’ont pas compris. Allez lire les études sur qu’est-ce que la valeur abstraite. En quoi c’est nocif. Une introduction synthétique parmi d’autres : https://www.krisis.org/1998/quest-ce-que-la-valeur-quen-est-il-de-la-crise/ Couplé à cette description de la substance de l’Etat, cela devrait faire mouche pour qui ose s’enlever les oeillères et habitudes en société à ne pas trop penser : https://www.facebook.com/763992522/posts/10158065238432523/?d=n (Nicolas Casaux and co’ se critiquent par ailleurs)

« Nocif, mais vieux comme la chrématistique d’Aristote… ou les monnaies de Crésus. » ->

On peut évoluer.

« Matt, j’espère que ça va ? Je t’ai lu à plusieurs reprises. […] J’ai compris tout ce que tu as écrit. C’est d’une grande nécessité. C’est essentiel. C’est vital ce que tu as écrit concernant tes jours, tes témoignages de journées de boulot dans ce frigo froid. C’est un frigo que tu as décrit avec des corps sans âme, des vies dévitalisées, des corps en mouvement, en cadence, sans la possibilité d’échanger, d’être en réflexion, de reconsidérer, de remettre en question, d’améliorer les conditions. Tout ce que tu dis. Tout ce que tu as écrit est vital. Je comprends ensuite ta position sur le fait de ne pas redistribuer ces pensées là dans des bouquins, ou ces témoignages là dans des bouquins ou aller sur un plateau, ou à la radio ou quoi que ce soit. Je comprends le fondement de ta pensée. Je comprends la totalité de la personne que tu es, sincère et qui lutte. Le militant. Je pense qu’il faudra que l’on prenne le temps de plus discuter, plus en longueur. […] Je te raconte tout ça parce que tout le témoignage que tu fais, jusqu’à critiquer le fait de mettre ce témoignage en littérature, et que les bourgeois soient dans cette démarche de se… d’être sur leur plage, je vois très bien l’image. Elle est magnifique cette image. Sur leur plage entrain de se dire « ah bah oui, mais c’est vrai, ça existe ça ! » Et d’être dans cette forme de confort, de se dire « ouf, moi j’échappe à cela ». Donc il y a une forme de voyeurisme qui est insupportable. Mais Matt ta démarche elle est importante. Tout ce que tu as écrit jusqu’à cette dernière phrase quand tu dis : « les gens n’ont pas compris. Allez lire les études sur qu’est-ce que la valeur abstraite. En quoi c’est nocif ». Ca ça fait partie de tes écrits. […] Tu dis qu’il faut arrêter ce genre d’endroit. […] Et ouai mec, tu ne peux pas enlever le fait que t’as une plume qui nous permet de nous sentir dedans, de visualiser tout ce que tu dis, d’imaginer les odeurs, d’imaginer les couleurs, d’imaginer ce froid glacial. Tout ce côté métallique, très déshumanisé, désincarné, aliéné. On imagine tout ça. Et oui elle est esthétique ta parole, ton écrit. Elle est esthétique, pas de façon juste esthétique et belle. Elle est esthétique parce que cette esthétique là la rend accessible. Et en fait elle est esthétique parce qu’il y a de l’humanité dans ce que tu mets. Y’a de la révolte aussi. Quand on lit cela, ça nous met au diapason en fait. […] Continue de faire comme tu fais. […] Merci en tout cas pour ce que tu écrits. […] On avait déjà échangé. Mais voilà c’était important que je te dise : continue d’oeuvrer. Et c’est extraordinaire ce que tu offres à l’humanité. On a besoin d’entendre ça, pour basculer vers quelque chose qui est autre. […] C’est vital, nécessaire, essentiel. Ca peut pas durer en fait. Et tu participes à ça. […] Merci, bonne année à toi. Plein de lumière dans tout ce que tu entreprends, dans toute ta vibration humaine, dans tout ce que tu offres au monde. Et belle guérison. On est en cheminement. Plein de forces vers toi. Merci. […] Je comprends toute ta démarche. Je sais à l’endroit où tu es. Où en tout cas je ressens ce feu, parce que je pense que c’est en commun. […] Je te laisse continuer d’échanger. […] Je comprends tout ce que tu me dis. Je sais que tu comprends aussi. Voilà. […] Je prendrais le temps de t’appeler. Avec nos décalages horaires à nous. Mais je suis content de te lire, à cet endroit. […] A plus tard Matt. […] Merci pour ce terrible et puissant témoignage. 🔥🌋✊🏾 […] Le témoignage de ce lieu que tu as pu nous délivrer, nous offrir, […] la critique aussi liée à l’écriture, le fait de mettre en écrit : cette bourgeoisie que tu critiques, le fait de nourrir le système par les écrits. […] Tout ce que tu as critiqué, remis en question. […] Cette connaissance que tu as. […] T’es une contre force à ce système. Ne crois pas que tu nourries la machine. Tu permets de proposer d’autres alternatives, d’avoir une autre vision des choses. […] Tu es en rébellion. Tu es en révolte. […] Ta vision de ce cauchemar. […] Toi même qui est allé au Rwanda, qui est très proche de l’histoire du Rwanda. […] Ta parole elle est libératrice. […] Les témoignages jours par jours. C’est extraordinaire. […] Tu fais part de ta vision des choses et tu contribues à faire avancer l’humanité. Voilà. […] Je t’embrasse. Force et lumière, guérison. […] Je veux la totalité de qui tu es, de ton mouvement, de ton souffle. […] Faire la promotion d’une oeuvre finie, y’a vraiment aucun souci frère. […] Voilà la solidarité comment elle peut se jouer. […] Là c’est fort. […] T’as déjà tout. […] Avec ta pensée derrière, je trouve ça fort. […] Je crois vraiment à ce que tu as écrit. Je crois vraiment en l’énergie de ce que tu nous as offert. […] T’as fait le plus dur. […] Balance. Ca j’y crois. Je t’embrasse. » NC

« Ok pas de « littérature » ça sent déjà trop le bourgeois, le raisonnable, le respectable. Lire ça et en parler en disant « c’est dingue! C’est horrible » ça mets pas fin au système d’exploitation. On est d’accord comme l’étalage de la misère au Sud pour se sentir obligée d’envoyer un €. Mais je dois avouer que personnellement je trouve que la lecture reste une force. Mais attention je comprends tout à fait tes remarques. » FV

Je suis pour publier si le propos critique de l’édition est maintenu. 😉

matjules[at]gmail[dot]com


-> Mailing de soutien :

« Bonjour
Je vous envoie avec l’accord de son auteur quatre textes sur le travail comme on en lit rarement et que je vous invite vivement à lire.
J’attire votre attention sur les remarques de l’auteur sur « l’écriture » et la « littérature » comme stratégies de neutralisation et de pacification.
L’auteur a inclus son adresse mail. Vous pouvez donc lui écrire directement.
Très cordialement
» FV

-> « Bonsoir,
merci pour cet envoi de textes que nous allons lire avec attention et réflexion, et comme vous, nous allons le partager à tous nos contacts et notamment à notre camarade Georges Abdallah.
Cordialement
»
Les camarades de la Campagne unitaire pour la libération de Georges Abdallah

« Bonsoir
Merci!
Ce serait formidable de le passer au camarade Abdallah!
Force et courage
» FV

Merci JC et F’. N’hésitez pas à me tenir au courant.
La mutualisation de l’indignation face aux souffrances provoquées par les impérialismes et le capitalisme permet parfois de sortir quelques vies des brisures de ce système inique.
Solidarité,
Matjules
Fondateur de Survie Rouen http://francafric.free.fr, du Collectif des Innovations/Illuminations politiques http://collectifinnovationsilluminationspolitiques.fr et du @MvtDeboutLibre https://instagram.com/p/BEeTJx2AYw6/ & https://www.facebook.com/groups/MvtDeboutMatjules & https://twitter.com/MvtDeboutLibre Egalement validé par un des frères de Massoud, de Londres, pour son soutien à la cause du peuple afghan http://ahmadshahmassoud.free.fr

https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=574717852689755&id=529648193863388

« Bonjour,
Merci beaucoup, je suis touchée que vous ayez pensé à moi pour m’envoyer ces textes.
Je vais m’y pencher plus attentivement la semaine prochaine. Cette écriture prolétaire m’intéresse beaucoup, elle a une force impressionnante.
Je proposerai bien ces textes à Radio Parleur. Je ne sais pas encore sous quelle forme cela pourrait être traité, mais des lectures sonores seraient intéressantes et donneraient de l’ampleur à ces mots.
Encore merci,
Bonne journée,
» SPG de Radio Parleur

« Je pense que ce serait une très belle idée.
Bonne journée
» FV

Bonjour S’,
D’abord merci à F’ pour la solidarité, et activisme en commun ici, l’ouverture d’esprit.
Enchanté S’ et Radio Parleur, un souffle pour les vies ruinées. Oui, si à la lecture de mon témoignage (et j’en ai d’autres sous le pied) vous êtes également favorable à son déploiement, j’apprécie tout particulièrement la pléthore d’interprétations possibles, en écho des souffrances murées, cet asservissement fatal pour l’humanité.
Vous n’êtes pas entrepreneuse, en tout cas pas pour cette expression je crois. Donc je ne demande pas d’être « soulagé » financièrement pour ce labeur d’écriture et diffusion considérablement précaire. Généralement on ne me répond même pas. Mes dernières piges payées quelques francs étaient il y a bien longtemps.
A vous lire, ou entendre,
Matjules
Censuré par fcbk. Taper « bio » ici https://collectifinnovationsilluminationspolitiques.fr
Tel. : […]

« Bonjour
Ravie d’avoir joué « l’entremetteuse » (ah ah!)
» FV

Une des activités que je préfère aussi, m’y étant consacré comme un sacerdoce chaque fois que le rythme de l’activisme prenait corps en moi, à l’abandon de tout déterminant financier.

 


Précédemment :

https://collectifinnovationsilluminationspolitiques.wordpress.com/2020/12/26/1-enieme-boulot-dusine/

https://collectifinnovationsilluminationspolitiques.wordpress.com/2020/12/26/2-enieme-boulot-dusine/

https://collectifinnovationsilluminationspolitiques.wordpress.com/2020/12/26/3-enieme-boulot-dusine/

A propos Collectif des Innovations/illuminations Politiques

Notre projet initial : convier nos semblables et leur proposer une série d’happenings d’ampleur, plutôt subversifs, selon leurs besoins. Ceci dans l’esprit du collectif Voina, comme de Krzysztof Wodiczko, Banksy, ou encore GRL Graffiti (qui se critiquent par ailleurs). Sans être du mapping commercial, ou une énième promo’ de réalisations personnelles, de prime abord (aspects trop mis en avant par le système). Ainsi essayer de redonner sa place à ce qu’il se fait de mieux en matière politique et artistique, avec les effets escomptés sur les pouvoirs en place.
Cet article a été publié dans 2020, Abattoir, Abnégation, Abstrait, Absurdité, Abus, Accaparements, Action, Actions, Activiste, Activité, Agression, Albanais, Aliénant, Alternative, Ame, Amende, Anarchie, Argent, Asservissements, Attente, Attitude, Auschwitz, Automatisation, Autoritaire, Autre, Ballet, Barbaque, Bassines, Bataille, Benoit Bohy-Bunel, Blanc, Blâmer, Bouleversant, Boulot, Bouquin, Bourgeois, Btp, Cadence, Cagettes, Caisses, Capitalisme, Carcasses, Carriérisme, Cassé, Cauchemar, Côtelettes, Censure, Chaîne, Chair, Chaplin, Choix, Chroniques, CIIP, Cinéma, Classe, Codes, Cohérence, Colère, Collectif Innov'/Illu' politiques, Colonialisme, Commercial, Compréhension, Concentrique, Concurrence, Conditions, Conflit, Congélation, Connaissance, Conscience, Consentement, Considération, Contestation, Contradiction, Contrat, Coopération, Corporate, Corps, Courage, Crise, Critique, Culpabilisation, Culturel, Cynisme, Damné, Dangereux, Démission, Dépendance, Déterminant, Democratie, Deshumanisation, Destruction, Diffusion, Discrimination, Distraction, Divertissement, Dogme, Domestication, Domestiques, Domination, Don, Douleurs, Douloureux, Droite, Dumping, Echanges, Ecoeurement, Ecologie, Economie, Ecran, Ecrits, Ecriture, Edition, Education, Emancipation, Embauche, Emission, Emotion, Emploi, Employé, Energie, Enfermement, Engagement, Enquête, Enragés, Entreprise, entretien, Equité, Esclavage, Essentialisation, Esthétique, Etat, Etat/privé, Ethnisme, Etouffement, Etude, Etudes, Exilés, Exploitation, Extraordinaire, Extrême, Facho, Famille, Fatigue, Femme, Femmes, Finance, Fonctions, Fondamental, Force, Formatage, Formation, Françafrique, Francafrique, France, Fric, Frigo, Froid, Gauche, Génocide, Génocide des Tutsi, Gentrification, Globalisation, Gonzo, Goulags, Grave, Guérison, guerre, Gueuler, Habitudes, Haine, Handicap, Hiérarchie, Histoire, Homme, Honnêteté, Horizontalité, Horreur, Huis clos, Humain, Humanisme, Humanité, hypocrisie, Idées, Identité, Ideologie, Ignoble, Ignorer, Images, Impasse, Incohérence, Indignés, Industrie, Infect, Infernal, Influence, Ingrat, Insécurité, Instructif, Intérêt, Intérim, Intellectuel, Intellectuelle, Intellectuels, Intelligence, Interculturalité, Interdiction, Intouchables, Isolement, Journal, Journalisme, Justice, Krisis, L214, Labeur, Leadership, Lecture, Libéralisme, Libération, Liberté d'expression, Ligne, Liquide, Littérature, Lobotomisant, Loi, Lourd, Lumières, Lutte, Luttes, Machine, Mafia, Majorité, Malsain, Management, Managerial, Manger, Manifestation, Marginalisation, Masse, Matjules, Mécanisme, Médias, Mépris, Mépriser, Mérite, Mésaventure, Media, Mensonge, Milieu, Minutie, Misère, Monnaie, Monstruosité, Morbide, Moyens, Mur, Néocolonial, Nervosité, News, Nocif, Noir, Nombre, Normalisation, Nuggets, Nuits, Odeurs, Oeillères, Oeuvre, Off, Ordre, Organisation, Ouvriers, Paie, Panne, Paquets, Paradis fiscaux, Parole, Partage, Paternalisme, Patron, Patrons, Pause, Payant, Pensée, Penser, Perfection, Performance, Perte, Pesanteur, Peuple, Phallocratique, Philosophie, Phrases, Physique, Pilotages, Pire, Plage, Plateau, Politique, Pollution, Possession, Poste, Posture, Pouvoir, Pouvoir raciste, Précarisation, Privatisations, Privé, Pro, Problème, Processus, Production, Professionnel, Programmes, Prolétaire, Prolétaires, Prolo, Prolos, Promo, Propos, Propriété, Protestation, Pub, Publications, Publicité, Publique, Puissants, Qualification, Racisme, Raciste, Rage, Rapide, Règne, Réaction, Récit, Récupération, Récupérations, Réel, Régime, Rémunération, République, Répugnant, Résistance, Réussite, Révolte, Rejet, Reportage, Republique, Responsabilité, Responsable, Ressenti, Revendication, Rh, Riches, Rolls, Rue, Rwanda, Sachets, Sacre, Salaire, Santé, Ségrégation, Scandaleux, Semaine, Services, Silence, Snober, Social, Société, Souffle, Souffrance, Soulèvement, Soutien, Soutiens, Spectateur, Statut, Steaks, Stigmatisation, Stratégie, Structuralisme, Structures, Subir, Subordination, Suisse, Sujet, Supériorité, Supermarché, Support, Survie, Système, Taches, Taf, Tapis, Télévision, Témoignage, Témoignages, Témoigner, Témoin, Témoins, Ténèbres, Television, Tenue, Terrain, Terrible, Territoire, Texte, Timing, Titres, Tonnes, Touchant, Traumas, Travail, Tribune, Tribunes, Trimer, Triste, Tv, Universitaire, Universitaires, Université, Usine, Valeur, Vécu, Vérités, Vente, Verticalité, Verticalités, Verticaux, Veste, Viande, Vicieux, Vies, Violence, Visqueux, Visuel, Vivant, Vivre, Volaille. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

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