Communiqué du CIIP aux Tv françaises

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La Shoah est couverte par nombre de reportages, films et émissions, depuis 20 ans et plus, sur les chaines publiques et privées. Les manuels scolaires ont également repris l’essentiel. Nous pourrions nous en enorgueillir. Tout du moins en être rassurés.

Pour autant, faut-il attendre encore des années avant que les télévisions françaises n’accordent une réelle reconnaissance de ce que fut le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994, et les complicités françafricaines manifestes afférentes !

Cela déshonore l’ensemble des acteurs des médias, et particulièrement audiovisuels, cette lente amnésie récurrente, face aux appels de la société civile en ce sens, et les rescapés ainsi négligés. A quelques exceptions près, il n’y a que négationnisme et enfumage, par les agents des services aux mains du secret, et de la désinformation. Un blasphème éditorial lourd de conséquences.

Nous, participants et sympathisants du CIIP, nous indignons de ce qui porte atteinte à la pluralité du savoir, comme au devoir de mémoire, et les réparations nécessaires à mettre en oeuvre.

La place dérisoire accordée à ce sujet (convoquant pourtant l’universel et l’humanité à un recueillement univoque), comme son traitement orienté, principalement, favorise la concurrence des mémoires. Ce qui de surcroit, bloque les possibilités de deuil. Et favorise le rejet vis à vis d’une caste télévisuelle peu encline à se remettre en cause.

Tout le secteur journalistique est visé, sans tomber dans la caricature. L’influence des pouvoirs en place porte toujours une grave atteinte aux possibilités de dévoilement de ce que fut ce génocide, pourtant le plus intense de l’Histoire.

Ne serait-ce que sur le chiffre : « 800 000 morts » en à peine quatre mois repris ci ou là, alors qu’il s’agit de plus de 1 million ! Le rôle de la France n’est toujours pas communiqué aux français, notamment sur la formation, protection, armement et accueil des génocidaires.

Il convient de rendre compte largement de ce que La Nuit rwandaise a révélé, au fur et à mesure, dans le silence le plus assourdissant qu’il n’ait été donné de constater autour. La C.E.C avait tenté d’apporter une contribution exhaustive, d’experts et de terrain, avec le relais associatif de Survie.

Mais rien ne perce réellement, au delà d’une niche éclairée et engagée. La chape de plomb est féroce, avec ses invités des plateaux perpétuels : les Péan, Védrine, F.Mitterrand ou Juppé… Ils ne sont pas là par hasard. Le rideau tombe à chacune de leur apparition. Avec Barril comme fusible actuel. Circulez, il n’y a rien à voir.

Un principe pervers du génocide, le rendant plus fort encore, au delà des années. La symbolique ethniste l’emporte, à ce jeu puant. Sans même parler des conséquences plus récentes au Kivu. Et par rapport à la Communauté internationale, maintenant ainsi des liens connexes structurés, peu recommandables.

Nous avons la lourde tache de le dénoncer, ce bilan retors, et rendre un minimum sens et vérité, à ce qui porte atteinte à tous les vivants, comme aux disparus.

Aucun financement ne vient de Kagamé, pas plus une allégeance politique à son régime. Bien au contraire, la naïveté est de croire notre tête et notre plume liés aux crimes du FPR, ou à un deuxième génocide qui lui n’a pas eu lieu (n’en déplaise aux mensonges du journal Le Monde, suivant la tragédie, et les nouveaux feux nauséeux de Marianne, adoubé par la Françafrique pour discréditer toute contradiction).

A lire, notamment, pour compléter : Une Guerre noire, de Gabriel Périès et David Servenay.

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A propos Collectif des Innovations/illuminations Politiques

Notre projet : convier nos semblables et leur proposer une série d’happenings d’ampleur, plutôt subversifs, selon leurs besoins. Ceci dans l’esprit du collectif Voina, comme de Krzysztof Wodiczko, Banksy, ou encore GRL Graffiti. Sans être du mapping commercial, ou une énième promo’ de réalisations personnelles, de prime abord (aspects trop mis en avant par le système). Ainsi essayer de redonner sa place à ce qu’il se fait de mieux en matière politique et artistique, avec les effets escomptés sur les pouvoirs en place.
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