Bio’ de Matjules, fondateur et coordinateur du Collectif

20131021-003945.jpg

LES DEBUTS

Matjules se définit comme auteur engagé. Citoyen et journaliste, pour vulgariser rapidement. Il est venu de sa province normande, après un passage par Angers, s’est rapidement impliqué dans la vie parisienne, toujours en électron libre, y a trouvé des moyens sans cesse renouvelés de s’épanouir, et de développer tout ce qu’il n’osait espérer. Du pire au meilleur certes, en cette cacophonie de sons, lieux, rencontres, bravant l’incertitude et les aléas sociaux, particulièrement âpres en des espaces où les inégalités sont concentrées.

Il a d’abord grandit entre la ville et la campagne. Jeune, l’ennui est très vite apparu dans sa vie, comme le manque de possibilités d’expression propre, et de découverte. Une forme d’autorité, de morale éducative très commune à notre époque, malgré mai 68, fut à la source de son besoin latent d’émancipation et de mixité sociale. La discrimination territoriale n’a pas cessé de le suivre. Un vécu précaire, en province et ghetto de banlieue (racket d’Etat, garde à vue abusive…). D’où sa soif de vivre, parfois explosive, pour ce tempérament au prime abord plutôt froid, relativement sérieux et nordique (d’origines, même si cela reste un aspect qu’il estime flou de sa personne, et nullement représentatif).


UNE MATURATION POLITIQUE ET MEDIATIQUE

Dès 1998, il fut principalement influencé par les documentaires et lectures de Noam Chomsky, Denis Robert et Pierre Carles, alors repassés vingt fois, soulignés et décortiqués, jusqu’à occuper l’ensemble de son existence. Ses motivations revendicatives ont été forgées, de surcroît, par une foi providentielle, d’abord intégrée intellectuellement, sur le chemin de l’amitié, puis ressentit, dans toute sa plénitude, à l’inverse de son environnement initial, particulièrement athée. Cet aspect personnel profond, allié à son expérience, face à des systèmes coercitifs, de la famille à l’école, en passant par le monde de l’entreprise, lui a permis de se structurer, pour résister aux errances en dissidence.

La première partie de sa vie d’adulte fut donc politique, en lien avec Attac, la Confédération paysanne, Zaléa Tv, de façon partielle, et progressivement Survie. Ses rêves d’autonomie et de progrès pour la collectivité, l’on fait voyager d’un forum social à l’autre, de conférences locales multiples à des colloques régionaux, comme à Cholet, avec les Vidal Mothes (cf. l’article du Monde sur l’éducation permanente, obtenu par Pierre Bourdieu ; leur combat pour une scolarité libre, scrutant la culture arabo-andalouse face à un rectorat réticent les ayant pénalisé lourdement…).

De quoi effectivement, rencontrer des figures syndicales, associatives, et vivre à fond ce panache militant, transgénérationnel. Au son de Léo Ferré, sur les routes de France, les produits du terroir en bouche, la joie de partager sans cesse renouvelée. Afin de croire à un avenir meilleur, se battre pour y arriver, tous ensemble. Une belle utopie, en mouvement.

Il s’est adonné à la radio avec une joie immodérée, à la fois comme animateur/chroniqueur d’émission éclectique, et somme toute modeste, comme Phonetik ultra sur HFM (camarade discret d’un futur Grolandais), aux plateaux musicaux innovants, regroupant des groupes repérés lors de tremplins spécialisés (via Music’ 76 notamment). Ou bien comme invité, sur RC2, Beur FM, HDR (Primonde de Moïse Gomis, avec présentation de l’association Survie et débat entre acteurs impliqués), quand ce n’était pas la presse locale également : Liberté dimanche, le Paris normandie, intrigués par ses activités politiques, ou créations web pour de grands reporters… Mais aussi laissant la parole à des spécialistes, inconnus, députés, les invitant à la contradiction, sur des sujets techniques. Comme par exemple : les droits et évolutions numériques, dès 2004, avec Jean Claude Bateux, président alors du Groupe d’études sur la musique à l’Assemblée nationale.

A son actif, de ces moments uniques à retenir, une interview obtenue le matin même auprès d’EMI, et filmée, de 30 minutes, chose rare, avec le chanteur Raphael, juste avant un concert à l’Exo 7 de Rouen. Ou plus inattendu, Mali du groupe Tryo annonçant sa présence au Zénith de Rouen, en novembre 2003, pour soutenir l’association Survie, devant un parterre de 6000 personnes.

Venu sur Paris, de façon relativement hasardeuse, il a profité du fait de pouvoir loger provisoirement au Couvent des dominicains pour se lier d’amitié avec le père de Beaurecueil : le célèbre humaniste, sujet d’un Envoyé spécial de France 2, pour sa dévotion vis à vis des enfants des rues à Kaboul (comme Ehsan Mehrangais, président d’Afghanistan Demain, également proche à ce moment là, et interrogé pour diffusion).

Matjules a travaillé sur le dossier afghan, dès 2001. Reçu par Merabuddine Masstan, le bras droit du commandant Massoud, à l’Ambassade d’Afghanistan à Paris, devant un journaliste de France soir arrogant, mais mouché. Ce qui l’a amené à travailler ensuite, assez logiquement, pour deux prix Albert Londres : le regretté Christophe de Ponfilly et Frédéric Laffont, à Interscoop – Albert Films, dans le bâtiment occupé par les Arènes éditions depuis. Un moyen d’explorer très tôt les limites du reportage, ses contradictions propres et obstacles. Une fierté, cela dit, le frère du commandant Massoud, de Londres, aurait complimenté le travail de Matjules. L’information venait de Qassim Azimi, un intime du Lion du Panshir avec qui des liens furent noués.


FAIT D’ARME PRINCIPAL

Entre 2001 et 2006, en ces années d’accélération militante, de son implication citoyenne auprès de foyers d’immigrants sénégalais ou maliens, au contact des sans-papiers, de leurs luttes souvent perdues, ou au milieu d’actions répétées d’agit’ pop’, il fut l’auteur de France à fric, avec Racaille Film productions, un documentaire sur René Vautier et Francois-Xavier Verschave, suite à l’organisation de leur rencontre, d’une émission radio en quartier précaire mais riche humainement, d’un Forum Fnac, en passant par une conférence à l’Université, pour la création du groupe local Survie Rouen. Un investissement extrêmement intense, à refuser de céder aux obstacles et renoncements fréquents. Entre prospection, coordination, logistique, recherche, financement, gestion des évènements, une somme de processus assumés jusqu’à en oublier soi-même. Cependant, malgré ce dévouement reconnu d’une mairie, à un festival altermondialiste etc., les mécanismes internes à l’échelon national de l’association principale concernée n’étaient pas encore assez évolués démocratiquement, dixit un mémoire de Master de recherche de l’IEP de Paris réalisé par Manuel Domergue (fondateur de Jeudi noir, auteur avec Thomas Deltombe de l’ouvrage Kamerun etc.), pour que l’on comprenne l’intérêt d’initiatives propres à chacun, et les favorise.

Matjules a pu soutenir, certes très discrètement, ou à distance, d’autres implications plus heureuses, comme celle de Nicolas Lambert, épinglant Elf la pompe Afrique, sur les planches, suite au fameux procès rendu médiatique. Cela fait plus de dix ans qu’ils se battent sur ces questions liées au néocolonialisme, avec notamment Camille de Vitry (L’Or nègre). De quoi faire se rencontrer Lionel Girard auteur de la pièce Le procès des Biens Mal Acquis, et Nicolas Lambert, quelques années plus tard. Une passion toute naturelle et nécessaire à ses yeux, éprouvée à de nombreuses reprises désormais : servir d’entremetteur pour des talents ayant des intérêts culturels et sociaux communs, ne surtout pas passer à côté de ces liens logiques et précieux, en être le catalyseur.

L’amertume de ce bannissement arbitraire, n’a pas empêché la participation de Matjules à la mise en place de commissions thématiques, dans le cadre du CSPT, en amont de la dénonciation des élections truquées au Togo par le clan Eyedema en 2005. Mais le mal étant fait, une autre phase viendra apaiser un peu la difficulté à explorer d’emblée les désordres du monde.


UN VECU PRECARISE

Matjules a toujours en tête, grâce à l’opus Mourir à 30 ans de Romain Goupil (passé en boucle, dans sa jeunesse), les mots de Michel Recanati, sur le fait d’être suffisamment fort pour être capable de se présenter avec ses faiblesses.

Ainsi, pour le situer rapidement, et expliquer encore davantage ses nombreuses initiatives, comme son empathie vis à vis de causes impliquant principalement des pouvoirs proches : Matjules a désormais un passif ouvrier, boulot d’usine, dans le bâtiment, domestique (encore fréquemment, dans la ségrégation). Et il fut essentiel pour lui d’intervenir pour que soient visibles les contenus artistiques et politiques fondamentaux qu’il peut encourager, ou de sa création, suite à ces répétitions de souffrance (harcèlement moral chronique, hygiène et sécurité catastrophiques, racisme constant, éléments combattus et prétextes à renvoi). Les collègues venus du Maghreb ou d’Afrique noire ont mainte fois, malgré le silence provoqué, et sans relâche exprimé la nécessité que telles démarches citoyennes puissent être considérées avec altruisme, dans l’intérêt des aspects évoqués.

Quand on vit dans un enfermement, une relégation programmée, avec de nombreuses difficultés familiales aggravées petit à petit (qui lui arracheraient le coeur d’évoquer, la maladie et le courage des siens à la combattre, aspect certes répandu, mais trop privé et intime pour chacun…), on a régulièrement pas le droit au chapitre, et il est difficile, comme on le sait, d’être en relation avec les bonnes personnes, d’exister, en matière de publication, d’agora. Les contacts ouverts et généreux ont donc toute sa gratitude.


CULTURE SUPPOSEE REPARATRICE

Matjules fut donc porté progressivement à devenir également journaliste freelance, à ses frais la plupart du temps, dans le domaine de la culture et de l’événementiel, pour le Paris Normandie, Art & You (un ancien de Fluctuat.net et doctorant en web-art, lui ayant proposé d’y être pigiste, responsable luxe, mode et art contemporain), Marie Claire Italie… Nourrit d’un amour profond pour le cinéma, les festivals musicaux, la création libre, il est ainsi autant capable d’aller saisir Gergiev en répétitions d’après concert à Pleyel, que le groupe incognito Daïland crew à Alliances urbaines, de recueillir les confessions du rappeur et producteur Marky, que d’être au premier rang à Bercy pour Juste debout, d’une saison à l’autre.

Ou bien, plus people et relativement superficiel parfois : capter rapidement quelques mots de personnalités lors d’un défilé de Jean Paul Gaultier, après avoir joué vaguement le modèle ; partager le vécu d’une cinéaste ambitieuse turc, avec tous les aléas excessifs que la supposée notoriété a pu alors provoquer ; proposer deux trois petites choses à Marion Cotillard en backstage d’un concert de Sinclair ; embarquer avec le groupe Smooth en van vers Pigalle ; avoir portes ouvertes dans la plupart des salles électro rock parisiennes grâce au tourneur Full Force, et se galvaniser ainsi à fond de l’euphorie musicale nocturne ; se retrouver scotché avec des mannequins de LA chez un des boss de la mode à Paris, en lien avec Staff international ; essayer les nouvelles collections de Dsquared dans leur living privé. Ou encore, tagguer un apart’ d’une copine avec un artiste résident de la Galerie W, souhaitant aussitôt exposer la vidéo de cette performance ; traverser le tout Paris avec Emmanuel de Brantes pour rendre des tableaux à des graffeurs de renom, et croiser taxidermiste et autres mondains cultivés ; explorer la création avec le designer de Lancel, et découvrir les nouveaux marchés de l’enseigne en bossant sur la boite mail de l’ancien patron ; s’amuser quelques mois avec les humoristes d’un fameux théâtre dédié à l’art du rire ; une expérience imprévue et enrichissante outre atlantique, au pays d’Henry Miller…

Des rencontres multiples, indénombrables : un graphiste original au salon Who’s next, une styliste en vogue à Premiere classe, des photographes de talent au studio Daylight, un illlustre réalisateur dans le show-room d’Anne Valérie Hash, l’interview d’un célèbre joueur de NBA, ou d’acteurs du monde du spectacle, relativement populaires, comme Timsit, etc. L’écriture de critiques de films, des chroniques amusées ou plus solennelles, quelques jeux d’acteur improbables, un mélange entre réalisations vidéos loufoques et oeuvres épistolaires personnelles, comme des envolées intellectuelles en symbiose avec l’alchimie ambiante. Ou bien de mettre en avant, directement pour 10 000 lecteurs sur Myspace, lors de l’émergence libre des réseaux sociaux, une Nuit solidaire pour le logement, avec Augustin Legrand et Mathieu Kassovitz (février 2008), les Campements de l’association les enfants de Don Quichotte. Donc de vivre ces moments feutrés, ou débordant d’énergie, comme de ressentir la nervosité ambiante, de contextes virulents et hostiles, dramatiques ou bienveillants. Il se sent le mieux en musique, au contact des artistes, photographes, plasticiens, écrivains, à partager ces liens, interactions, au coeur de la création, en privé surtout, affectivité en effervescence, sans l’objectif qui porte à distance.

Matjules a donc voyagé entre les domaines politiques et artistiques. Parfois libéré de la souffrance sociale, il a tenu surtout à investir ces espaces impossibles, interdits, de la mode, de l’art graphique ou du cinéma, pour qui ne vient pas d’un certain milieu, ne joue pas à fond les codes arrivistes des relations en réseau (n’y est pas favorable, pour être clair). Le confort pour tous étant son dogme idéologique central, la confrontation avec des codes corporate et industriels, en hauts lieux parfois, fut davantage pertinente pour son parcours, que de s’enliser en des niches militantes convaincues. De quoi enrichir encore plus sa détermination passée : tenter de voir ainsi de l’intérieur, au hasard des nécessités, ce qui a été critiqué durant tant d’années à distance (Bolloré, Richemont, les services de l’Elysée, l’industrie nucléaire…), se mettre ainsi dans cette difficulté. L’idée d’infiltration peut paraître nauséeuse, déloyale et non éthique. Mais Pierre Bourdieu ou François-Xavier Verschave ont largement exprimé l’importance de la trahison pour que des éléments de vérité percent, ceci malgré l’omerta, orchestrée par les groupes de pouvoir. Le schéma est constant, et a fait ses preuves. De quoi s’en inspirer, comme en résistance, toutes proportions gardées.


UN RETOUR POLITIQUE

La synthèse socio-culturelle se fait, en connaissance de cause. Et baigné encore plus fortement dans l’aigreur face à l’injustice sociale, de laquelle il convient de se sortir. En 2010, Matjules a pris à partie Dominique de Villepin, au salon du livre, porte de Versailles, concernant la censure d’un ouvrage de Denis Robert sur Clearstream. L’interpellation fut appréciée du principal concerné, comme une vidéo précédente, réalisée à la Cigale, en lien avec le Comité de soutien alors constitué.

Finalement, au cours des dernières années, il n’a pas compté les innombrables interventions d’importance réalisées. Avec le recul, et sans en faire l’inventaire complet, différents sujets stratégiques de premier ordre furent effectivement traités (sous forme de micro-trottoir, prises de vues, interview, reportages). Encore récemment, le Diner du Siècle, ou des questions/réponses à Bertrand Delanoe sur BFM Tv, concernant Ben Ali, relayées sur Rue 89 ; un entretien avec Me William Bourdon en ce sens également, publié par La Télé Libre de John Paul Lepers, suivi de semaines joyeuses de montage, certes un temps, concernant le procès Berlusconi, pour lequel il fut accrédité ; une réflexion synthétique et de fond menée avec Noam Chomsky concernant la fabrication du consentement des élites, en comparaison avec le reste de la population. Il fut en immersion progressive aussi (certes relative) auprès des Jeudi noir, ou présent d’un procès politique à l’autre, au côté des écrivains et trublions critiquant les affaires les plus marquantes : Elf, Ecoutes de l’Elysée, Clearstream, Angolagate, Guantanamo, Vivendi, Zemmour… ; sur un tournage de Camille de Vitry à Télé Bocal, revisitant la Commune, comme un écho.

La lecture tardive du mémoire de Master de recherche de l’IEP de Paris de Manuel Domergue, où étaient défendus les anonymes en lutte (témoins de mauvais traitements vécus ou partagés), la crédibilité de leur présence et expressions diverses, surtout leur possibilité d’autonomie, lui a également donné des forces supplémentaires, pour reprendre ce chemin vertueux de l’engagement social, plutôt que de s’effacer totalement d’un registre politique commun.


PHILOSOPHIE ACTUELLE

Matjules se bat pour l’altruisme et l’altérité, contre le principe d’ostracisme et d’exclusivité, son nouveau cheval de bataille. La propriété sur les contenus est tellement à l’opposé du combat de personnes qui s’engagent sur des sujets. On gérerait le discours de Martin Luther King, comme on dispose des droits de diffusion de la coupe du monde de foot !? Non, l’aspect sacré de l’humain exige un recul philosophique suffisant pour ne pas faire des liens une prison, une appropriation, gangrène de notre temps, partout présente. Il y a urgence à s’y attaquer. Et c’est ce que Matjules s’attelle dès maintenant à faire, d’une rédaction à une autre, d’un lieu de pouvoir à un autre.

Il a en face de lui beaucoup de terrains minés, à dépasser, sans doute irréversibles et stérilisants. Ainsi, le prétexte à censurer des sujets, avec l’alibi supposé « protestant », de la lutte contre la mise en avant d’un leader, voilant simplement un autoritarisme forcené, et une non compréhension de l’engagement pris par l’étranger, l’inconnu, le non autorisé, celui qui dérange, et n’a pas pris l’aval d’apôtres des diplômes et de la perfection pour exister, s’exprimer, dire le monde, le voir, et le transmettre. Tare omniprésente d’un ordre imposé, à l’opposé du punk ou romantisme, de cette spontanéité cash et directe, donc sincère, lorsque c’est plus fort que tout, donc artistique, une raison d’être.

Matjules se donne pour la reconnaissance du citoyen (sans défendre l’Etat pour autant – le terme « humain » étant préféré), souvent plus légitime que le titre professionnel (avec lequel tout est beaucoup trop mécanique), et les passe droit de forme (processus pour s’imposer). Il est pour le revenu d’existence universel sans conditions ; la suppression de la subordination au coeur du code du travail ; exister socialement autrement que par une fonction, et la recherche d’excellence ; voter directement sur les décisions, les lois, et pas sur les personnes ; se battre face au cloisonnement, un des principes abscons du pouvoir ; créer du lien là où il n’y en a pas.


NOUVELLE CLAQUE POLITIQUE

Déjà connaisseur de la Lombardie, il s’est destiné un temps à être correspondant en Italie, pour des organes média français, intéressés par la couverture des frasques de Berlusconi, le Rubygate, et des sujets touchant à la mafia, la lutte de Saviano… France 24 semblait déjà preneur pour certains aspects (même si Matjules ne partage aucunement la ligne politique de ce CNN à la française). De retour sur Paris, après quelques semaines de relative confiance, les mécanismes de pouvoir venant de la direction de La Télé Libre furent finalement un catalyseur de tout ce qu’il exècre. Tout comme une partie du leadership au CRID, et un certain milieu politisé, après avoir espéré partager une même idée de l’engagement, un partage créatif. Au delà de principes généreux affichés, l’esprit carriériste et la sacralisation de l’excellence, ou plutôt ce que l’on juge l’être, via une forme de quasi « clientélisme » et copinage à peine masqués se sont manifestés un peu trop crûment.

Embarqué en 2011 dans l’organisation et la coordination de manifestations visuelles sur les bâtiments mal acquis des dictateurs Bongo, clan Ben Ali, etc. à Paris, en lien avec des artistes et créateurs de prototypes de ce domaine, il en est venu à créer début 2012 le Collectif des Innovations et Illuminations politiques.

Avalant toutes sortes de couleuvres, au delà de quelques surprises et actes de générosité (Jean Baptiste Eyraud du DAL lui prêtant un projecteur, d’emblée, sans conditions ; Paul Bien’ et ses algues écolo’…) des projections et happenings arty engagés furent enfin réalisés pour diverses associations à la bonne réputation, à la fois sur l’Assemblée nationale, le Palais de Justice, le siège d’Areva, BNP-Paribas, ou encore un bâtiment d’Axa anciennement occupé par Jeudi noir. En interne, le bilan fut on ne peut plus symptomatique des travers de ce qui guide fondamentalement l’essentiel des personnes obtenant un pouvoir dans des structures à l’image volontairement exemplaire. Le cynisme, l’arrogance, le dédain, au coeur des mécanismes conduisant à éliminer, prendre la place, se faire un nom, occuper l’espace, décider et juger de ce qui est bon. La communication consiste à dénoncer ce même type de phénomène, venant des sphères corporate et industrielles. Ceci pour mieux prétendre incarner des valeurs humanistes, se faire une belle publicité. Matjules en a été très vite écoeuré. D’autant que l’affronter est un combat de toute une vie.

Pour autant, début 2013, sachant rebondir, Matjules s’est lancé dans une série de tags politiques sur le macadam, à partir de pochoirs. Et en avril 2013, il a enfin interpellé François Bayrou, au siège du Modem, concernant sa révérence envers Bongo. De quoi le déstabiliser et révéler quelque peu l’hypocrisie de tel leader « centriste », surtout lors d’un échange sur le thème des mafias en démocratie, auprès des sympathisants de son parti.

Autre challenge nécessaire, Matjules a accepté la proposition de Gens d’images (rencontrés à la Gaité Lyrique, lors d’une prise de parole auprès de Grl Fr, en juin 2013) d’être intervenant d’un Atelier Images, « Coups de projecteurs et coups d’éclats. De l’image à l’action politique », effectué à la Fiap à Paris en septembre 2013. Il a immédiatement proposé à Cyril Cavalié, photojournaliste et réalisateur, assez proche, de l’accompagner à la tribune (dispositif pour autant décrié), afin d’évoquer les actions arty dans l’espace publique.


PROCHAINEMENT

En préparation toujours d’un ouvrage sur le monde du travail, Matjules ne compte pas s’arrêter là. Se laissant guider par de multiples conseils répétés alentours, il a décidé de créer son book, certes tardivement. Une agence de mannequinat l’a aussitôt signé, avant que cinq autres ne l’aient à leur tour reçu et enregistré. Ses contacts ont fait le reste, afin de poser pour des campagnes de publicité, participer à des tournages, casting, shooting, ou défiler, sans que cela ne soit pour autant primordial pour lui, ni tout accepter les yeux fermés. L’idée étant d’exprimer progressivement des émotions, se rapprocher du cinéma ou la tv, nullement de se focaliser sur la beauté ou l’apparence, encore moins être un produit.

Par ailleurs, Matjules a lié connaissance avec toute une tribu disparate et festive, au delà des Casseurs de hype, et tout autant connaisseuse des mondanités parisiennes : entre cocktails, vernissages et buffets dans des lieux plus ou moins prestigieux. Les Morsures de l’aube de Tonino Benacquista en toile de fond, ouvrage finalement peu fidèle de ce qui fait l’identité de ces voyageurs de la nuit. Eclectisme social donc ; certes, des blessures narcissiques chez la plupart. Finalement, la transgression d’interdits sociaux illégitimes est le but ultime de telle démarche d’entrisme.

Matjules souhaite également développer ses facilités à filmer des moments incongrus, provoquant avec humour le quidam, comme l’aristocratie ou quelques people. Les retours sont déjà très positifs, de ces moments improvisés et joyeux. Raphael Mezrahi ou Baffie ont pu en vivre et davantage. Matjules apprécie surtout de ne point enfermer le rire dans des sketchs répétés, cloîtrés dans des salles de spectacles. Il préfère tel l’esprit jazzy, art ultime et gratuit, se déployer librement, avec pour seule intention, le désir authentique, et non son orchestration surjouée.

La vie fera le reste, comme toujours, d’un rebondissement à l’autre. Tout est à réaliser. Le comique et chansonnier Adonis (acteur notamment dans le film Télé Gaucho) le voulait comme agent, un moment. Matjules pourrait rejoindre la scène de la vie, tout simplement, sans appartenir à un producteur, comme cela lui a été proposé encore récemment, pour écrire et jouer prochainement au théâtre Trévise, une pièce sur le thème du racolage.

Publicités

A propos Collectif des Innovations/illuminations Politiques

Notre projet : convier nos semblables et leur proposer une série d’happenings d’ampleur, plutôt subversifs, selon leurs besoins. Ceci dans l’esprit du collectif Voina, comme de Krzysztof Wodiczko, Banksy, ou encore GRL Graffiti. Sans être du mapping commercial, ou une énième promo’ de réalisations personnelles, de prime abord (aspects trop mis en avant par le système). Ainsi essayer de redonner sa place à ce qu’il se fait de mieux en matière politique et artistique, avec les effets escomptés sur les pouvoirs en place.
Cet article, publié dans Biographie, Collectif Innov'/Illu' politiques, Coordinateur, Fondateur, Matjules, est tagué , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s