Procès de Carlos

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13/05/13
14h30

L’audience a pris du retard. Une atmosphère ennuyeuse et pesante s’installe, malgré le caractère historique du moment. Le juré se manifeste finalement. Et Carlos entre enfin, entouré de trois gendarmes, derrière une vitre blindée. Il observe le public, de long en large, tel un vieux papi briscard. Soudain, il lève le pousse vers quelqu’un, tout sourire.

Le Tribunal de son côté se pose aussitôt la question d’un report du procès. Un ennui de procédure classique, au démarrage : Carlos ayant pris des avocats commis d’office, ne connaissant pas le dossier. Une stratégie de sa part, évoquée. Les milliers de pages, prenant six mois à un an, selon le plus jeune avocat de « sa » défense, pour être parcourus et digérés, afin de réaliser une simple défense, sans être celle de « théseux » forcément.

Me Szpiner, mouvementé comme à son habitude, et un brin provocateur, force le ton et traite très vite l’avocat d’en face, le plus âgé, de « modèle périmé ». Celui-ci ne répond pas, de quoi faire bonne figure. Les journalistes s’esclaffent et bougent alors comme des abeilles dans leur ruche au soleil.

Dans le public, une rangée de jeunes tourmentés et quelque peu agités se repassent l’ouvrage Supra-négritude de Kemi Seba. L’un d’eux essaie de saluer un plus ancien, sur l’autre rang. Il finira par lui dire « vous avez vu mes vidéos, … »

Devant, il y a plus intéressant. Mais on entend mal Carlos, ayant demandé la parole et s’étant levé. Son accent sud américain, certes charmant, ainsi que son dédain presque involontaire pour le micro devant lui font qu’il coupe tous les trois mots, ne parlant pas au bon endroit. Les journalistes ont peine à percevoir ses paroles. Carlos a d’ailleurs une forte logorrhée, ce qui est indiqué par le camp d’en face. Le tout donne l’impression qu’il a peut être perdu ses facultés. Un premier sentiment, certes rapide.

Suite à ses premiers mots, le président, plus avisé et mieux placé, doit lui rappeler qu’il n’y a pas « des copains » ici, mais des professionnels. Et qu’il le nommera par son nom Illitch Ramirez Sanchez, tout le temps du procèd. Carlos lui rétorque alors gentiment qu’il a tutoyé des présidents. Mais semble respecter la consigne, et se montre aimable. On sent cela dit qu’il peut s’emporter assez vite. A trop le regarder, son regard vous fixe. De quoi tourner l’oeil ailleurs. Sa force mentale est perceptible, encore, malgré son âge, ses cheveux blancs, et les années de prison.

Il indique qu’il n’y a pas volonté de retarder le procès, qui selon lui est politique. Est précisé grosso modo que pour les témoins, un report serait contestable. La Cour d’Assise est sensée respecter certaines procédures.

Interruption de séance.

15h30

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A propos Collectif des Innovations/illuminations Politiques

Notre projet : convier nos semblables et leur proposer une série d’happenings d’ampleur, plutôt subversifs, selon leurs besoins. Ceci dans l’esprit du collectif Voina, comme de Krzysztof Wodiczko, Banksy, ou encore GRL Graffiti. Sans être du mapping commercial, ou une énième promo’ de réalisations personnelles, de prime abord (aspects trop mis en avant par le système). Ainsi essayer de redonner sa place à ce qu’il se fait de mieux en matière politique et artistique, avec les effets escomptés sur les pouvoirs en place.
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2 commentaires pour Procès de Carlos

  1. 16h

    Retour en salle. Est abordé le volet des témoins.

    Faits principaux : Carlos a indiqué au président de la Cour d’Assises que s’il cherchait l’adresse de tel témoin, il risquait la mort. Menace à peine voilée.

    Carlos traite Me Szpiner d’avocat sioniste. Ce dernier n’a pas répondu.

    Carlos et son avocat âgé ont traité Pasqua de barbouze français. Demandant à Me Szpiner de faire venir Pasqua comme témoin. Me Szpiner a répondu que c’était un honneur d’avoir Pasqua comme contact.

    Puis le président a entamé la longue litanie des faits et accusations confirmés en première instance. Carlos et ses complices ayant été condamnés à la perpétuité pour quatre attentats sur le territoire français commis en 1982 : un rue Marbeuf dans le VIIIe à Paris, un à Marseille, un autre dans un train Paris Toulouse, etc…

    Interruption de séance

    19h

  2. « Rondot n’osera pas venir. Ce n’est pas un homme. Il l’est parfois. Mais là, on sait qu’il ne viendra pas. » Carlos
    13/05/13

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