Noir Bayrou

J’ai interpellé François Bayrou ce soir au siège du Modem.

BayrouA voir ici : Bayrou interpellé concernant sa révérence envers Bongo

Il a paru gêné, avec un brouhaha étonné du public plutôt suspect tout à coup. Ensuite, le leader politique centriste s’est fixé de longues minutes de côté. Autour, on m’a dit : « tu l’as eu… » Puis il a tenu à revenir sur le sujet, après l’aparté plutôt médiocre de Jacques de Saint Victor, son hôte historien et professeur des Universités, en forme de déviation vers le thème corse, déjà survolé.

Preuve que mon intervention relative à la Françafrique tracassait François Bayrou, et donc que la mise en cause devant ses sympathisants de son lien « supposé » avec Bongo n’était vraiment pas passée inaperçue. La source : Bayrou révérant envers Bongo

Je n’ai pas cherché la confrontation, suite à ses réponses déclaratives très démagogiques. Même s’il mérite notamment de préciser les raisons de son absence de critique du régime gabonais lié à nos dirigeants français, plutôt que de lui servir d’énième alibi…

Bongo aurait quand même arrosé pour leurs élections une masse de prétendants à l’Elysée, de quoi tenir ainsi la plupart des partis politiques français. François-Xavier Verschave en a parlé longuement dans ses différents ouvrages, notamment. Critique qui fut traduite ensuite à l’image par Patrick Benquet via son documentaire en deux parties intitulé « Françafrique ». Entre autres recherches et divulgations indépendantes.

On est effectivement en droit, et je dirais dans l’obligation morale de mettre en cause ce type de rencontre « personnelle et de respect », ce sont les mots de François Bayrou au moment de sa visite auprès de Bongo. Désormais, il explique même que ce fut réalisé au cours d’une issue électorale quasi favorable et proche de la victoire pour sa prise du pouvoir en France. Ce qu’il a visiblement plaisir à rappeler comme une priorité, ne pensant pas au reste, discutable mais rapidement évacué.

Ce bref moment d’approche de la vérité sur un sujet grave et réellement circonstancié concernant les mafias en démocratie (on pourrait parler de certaines loges franc maçonnes…), fut ainsi je trouve déjà bien plus instructif que le ton politiquement correct ou omerta classique de la plupart des échanges médiatiques avec un chef de parti.

Même lorsque les intervenants se bagarrent, cela se passe rarement à propos d’aspects compromettants, pour lesquels on essaie de faire la lumière. Et généralement, ce beau monde revient sur des faits essentiels ou pertinents lorsqu’il y est acculé par des investigateurs tenaces, donc rarement, ayant eu à déjouer un minimum les terrains minés de la connivence, de l’intérêt, du pouvoir.

Plus tard, un consultant congolais voulant se lancer un jour en politique est venu me féliciter, puis discuter politique et Françafrique, me précisant ses difficultés et histoire.

Par conséquent, je suis assez satisfait. Cela fait plusieurs années que je veux intervenir au sujet de la révérence de Bayrou envers Bongo. Avec même une action engagée en forme d’agit pop devant son bureau politique l’année dernière, plus difficile à conclure : Happening engagé, bloqué par la police, le 1er avril 2012

Un premier succès cette fois. Il fallait être encore plus perspicace. De quoi continuer plus avant…

Matjules


Siège du Modem le 09/04/2013 au 133 bis rue de l’Université 75007 Paris – Les Rendez vous de la démocratie du Mouvement démocrate : « Les mafias dans une société démocratique » avec Jacques de Saint Victor.

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A propos Collectif des Innovations/illuminations Politiques

Notre projet : convier nos semblables et leur proposer une série d’happenings d’ampleur, plutôt subversifs, selon leurs besoins. Ceci dans l’esprit du collectif Voina, comme de Krzysztof Wodiczko, Banksy, ou encore GRL Graffiti. Sans être du mapping commercial, ou une énième promo’ de réalisations personnelles, de prime abord (aspects trop mis en avant par le système). Ainsi essayer de redonner sa place à ce qu’il se fait de mieux en matière politique et artistique, avec les effets escomptés sur les pouvoirs en place.
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6 commentaires pour Noir Bayrou

  1. « Je viens de m’inscrire à ma nouvelle adresse. Amitiés illuminées et Courage! » NC

  2. « bravo !!! tu es un vrai républicain éclairé !!!!! » NC

  3. « On a écouté ta question à F.Bayrou, on admiré le ton posé, le questionnement réfléchi ; …bref on est sciés comme souvent (on a lu ton article ) … » NC

  4. « Belle morale qui consiste à lécher les bottes des dictateurs ! Honte !!! » NC

  5. fredericln dit :

    Dites… la dernière fois que F. Bayrou a répondu précisément sur ce sujet du financement occulte (et c’était précis : http://www.francesoir.fr/actualite/politique/bayrou-refuse-des-valises-billets-139382.html ), tout le monde médiatique lui est tombé sur la g… en lui reprochant, soit de ne pas dénoncer les auteurs (encore faudrait-il avoir des preuves à présenter), soit de jeter le soupçon sur le reste de la classe politique. À la fin, le mieux est peut-être de laisser enquêter ceux dont c’est le métier. Et quant à faire preuve de révérence envers un chef d’État, c’est tout de même un minimum pour un élu ou responsable politique.

    • Cela reste déclaratif, comme le patrimoine. Aucune garantie, si ce n’est ensuite en face, de pouvoir prouver ou non un mensonge.

      « Tout le monde médiatique lui est tombé sur la g… » … hum, précisez moi les archives à ce sujet 😉 Je n’en ai pas mémoire. Et il me semble bien que Bayrou profite d’une très belle exposition médiatique, avec ou sans critiques.

      Il aurait du dénoncer ces réseaux de corruption. Une priorité qu’il n’a pas manifesté, protégeant ainsi les auteurs de ces propositions condamnables.

      L’enquête n’est pas affaire de carrière, mais bien d’engagement.

      Faire révérence à des pouvoirs autoritaires n’est pas « la moindre des choses », non. Il est très grave d’aller saluer tel régime. Qu’aurait-on dit s’il avait parlé d’échange « personnel et de respect » avec Pinochet, ou Kim Jong-Un, par exemple. On est dans le déni de réalité, et la fabrication du consentement, par rapport à ce qui est déjà on ne peut plus inacceptable.

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